38

Le couple Aigle Blanc se montrait compréhensif envers Terra, mais ce dernier n’aimait pas être surveillé comme un animal sacré. Ni Max ni Marie ne le laissait faire un pas seul. Il n’avait pas le droit de sortir sans porter un capuchon ou des verres sombres et il ne pouvait parler à personne de peur qu’on rapporte sa présence à l’armée, qui vivait à leur porte. Malgré tous ses efforts, le Hollandais n’arrivait pas à se souvenir de son passé. Pour ajouter à son malheur, il se sentait attiré par le docteur Hélène Deux Lunes qui, de son côté, lui avait fait comprendre qu’elle ne fréquentait pas ses patients. Terra avait questionné Marie à son sujet : son mari était mort deux ans plus tôt dans un accident de chasse.

De son côté, malgré tous ses efforts, Hélène n’arrêtait pas de penser à ce bel étranger. Elle retourna donc lui rendre visite chez Max pour s’assurer qu’il se portait bien. Terra se laissa ausculter en humant son parfum. Il eut soudain une vision d’elle vêtue d’une ancienne robe blanche.

— Souffrez-vous encore de maux de tête ? voulut savoir le médecin.

— Seulement quand j’essaie de me rappeler qui je suis, répondit-il en revenant de sa rêverie. C’est difficile d’accepter que personne n’est à ma recherche.

— Permettez-moi d’en douter.

— J’ai lu les journaux des dernières semaines. Ma photo n’apparaît pas dans la section des personnes disparues.

— Votre mémoire vous sera bientôt rendue et vous pourrez retourner chez vous.

— Je n’ai peut-être plus de chez-moi…

Malgré le pessimisme apparent de ces paroles, ce n’était pas de l’inquiétude qu’elle voyait sur son visage, mais du désir.

— Je ne sais pas qui je suis, continua Terra, mais j’ai l’impression de vous connaître depuis toujours.

— Je m’en souviendrais si j’avais rencontré un homme tel que vous, avoua-t-elle en rougissant.

— Vous ressentez la même chose que moi, n’est-ce pas ?

En dépit de tous les sentiments fragiles que faisaient naître en elle le Hollandais, elle ramassa rapidement ses affaires et quitta la maison sans même le saluer.

 

* *

*

 

À son retour de Camelot, Donald s’éloigna de ses compagnons. Il était confus depuis sa rencontre avec le magicien. Comment ces hommes, pourtant normaux, pouvaient-ils se laisser séduire par les folles promesses d’un vieillard passé maître de l’illusion et du déguisement ? Il refusait de croire à la magie et à la menace que représentait le prétendu sorcier. Ce repas dans le château n’avait été qu’un mirage, une suggestion qu’on avait habilement plantée dans son esprit. Un homme ne pouvait pas ainsi matérialiser des objets. Assis sur une souche, à proximité de l’enclos, le médecin se cacha le visage dans les mains. Était-il en train de perdre la raison ?

— Tu devrais retourner chez toi, lui suggéra Galahad en s’approchant.

Donald se tourna vers lui et vit son inquiétude. Il devait reconnaître que l’engagement de Galahad envers l’ordre ne lui enlevait aucune de ses belles qualités.

— Je peux poursuivre cette quête seul avec Ben, assura le chevalier.

— Tu veux te débarrasser de moi ? répliqua Donald en essayant de blaguer.

— Tu ne crois pas à ce que nous faisons et c’est notre foi qui nous permettra de vaincre l’ennemi.

— Terra est mon ami. Je me moque qu’il soit chevalier, roi ou magicien. Je veux seulement le retrouver.

— C’est ce que nous voulons tous et c’est encore plus important pour nous que pour toi, parce que s’il est mis hors de combat, nous mourrons.

— Te rends-tu compte de ce que tu dis ?

— N’essaie pas de comprendre le jeu, Donald. Contente-toi de savoir qu’il existe.

— Es-tu vraiment heureux dans ce monde imaginaire ?

— Oui et tu sais que je ne mens jamais.

Galahad s’assit sur une souche près de Donald. Il entoura ses épaules d’un bras rassurant. « Un bras entraîné au combat, qui pourrait tout aussi bien me casser le cou », pensa le médecin.

— Tu te sens menacé si je te serre ainsi ? s’inquiéta Galahad.

— Non, même si tu sais manier l’épée et je ne sais quelles autres armes.

— Je voudrais conserver ton amitié, Donald. Tu es un homme bon et juste. Mais je pense sincèrement que tu devrais retourner chez toi. Il est possible que Terra soit déjà en route pour la Colombie-Britannique et qu’il y arrive avant que nous puissions le rattraper. Il faudra que quelqu’un puisse le protéger à Little Rock. D’ailleurs, je sais que ta famille te manque.

— Nicole et moi n’avons jamais été séparés aussi longtemps depuis que nous sommes mariés, admit-il en ravalant un sanglot.

— Dans ce cas, il est temps que tu retournes vers elle.

Donald prit le poignet de Galahad, toujours enveloppé de pansements. Tenterait-il une autre fois de s’enlever la vie quand il ne serait plus là pour le sauver ? Le chevalier lui donna sa parole qu’il n’en ferait rien.

— Tu ne sais pas à quel point tu vas me manquer, Galahad.

Keaton et le chevalier l’aidèrent à ranger ses affaires dans le coffre du camion et lui serrèrent la main, lui promettant de rentrer avant Noël. Ils le regardèrent s’éloigner, convaincus que c’était mieux ainsi. La confusion de Donald créait trop de remous dans l’éther et représentait une trace beaucoup trop facile à suivre pour le sorcier. Or, ils ne pouvaient pas se permettre de mettre cette mission en péril. Ils allèrent ensuite seller leurs chevaux avec l’intention de retourner à la réserve pour retrouver le roi de Camelot.

Tandis que Donald retournait au Canada, Terra accompagnait ses bienfaiteurs au rassemblement du village. Les habitants de la réserve se réunissaient une fois par semaine autour du chaman pour entendre ses paroles sacrées ou le récit de légendes ancestrales qu’ils ne voulaient pas oublier. Mais ce qui intéressait surtout Terra, c’était de revoir Hélène. Enveloppé dans un grand manteau de laine, un capuchon cachant presque tout son visage, il prit place sur une chaise entre Marie et Max. Le guérisseur leur parla de la Terre qui n’appartenait à personne mais dont la sauvegarde était quand même leur responsabilité.

— Je sens une curieuse énergie ici ce soir, déclara-t-il soudain.

Le chaman se dirigea tout droit vers Terra et tendit la main pour toucher sa poitrine. Le Hollandais ressentit une douleur aiguë et bascula vers l’arrière, arrachant un cri de frayeur à Marie. Hélène fonça à travers la foule et vint se pencher sur son patient. Elle constata rapidement qu’il éprouvait un malaise cardiaque. Elle le fit aussitôt transporter au petit hôpital, où tout le personnel lui prêta main-forte. Une fois que Terra fut hors de danger, Hélène lui enleva doucement le masque à oxygène.

— Comment vous sentez-vous ?

— J’aimerais qu’on m’assigne un médecin qui ne jette pas de confusion dans mes sentiments, je vous prie, murmura Terra en évitant son regard.

— Vous êtes mon patient, étranger. Je n’ai pas l’intention de laisser un de mes confrères s’occuper de vous.

Elle replaça le masque pour l’empêcher de protester et quitta sa chambre.

 

* *

*

 

Alors qu’il entrait dans l’enclos, Galahad ressentit un léger picotement sur les tempes. Il se retourna et aperçut le vieux roi.

— Savez-vous où se trouve Arthur ? demanda le chevalier avec espoir.

— Il est dans la réserve, l’informa le magicien, mais il s’est frappé la tête en tombant dans la rivière. Il ne sait plus qui il est.

— Donc, il ne saura pas non plus qui nous sommes, comprit Keaton, qui approchait.

— Et il est possible qu’il refuse de nous suivre, ajouta Galahad, inquiet.

— Il faut donner à son cerveau le temps de se remettre du choc, leur conseilla le vieillard. Profitons donc de ce répit.

Ce dernier souhaitait remettre à Keaton certaines de ses facultés. Les trois hommes furent aussitôt transportés dans une immense grotte. Les vêtements du magicien se transformèrent en une longue tunique blanche. Galahad vit qu’il était lui-même vêtu en chevalier. Deux boules brillantes tombèrent dans les mains de Keaton.

— Tu porteras désormais le nom d’Alissandre, lui annonça le magicien. Ces sphères vont te transmettre une partie de mon pouvoir, mais tu devras continuer d’étudier sous ma tutelle avant de prendre un jour ma place dans le jeu.

Les globes devinrent brûlants. Incapable de s’en défaire, Ben hurla de douleur et tomba sur ses genoux. Galahad fit un pas vers lui, mais le magicien l’arrêta d’un geste. Cette souffrance faisait partie du rituel.

 

* *

*

 

Au matin, Hélène constata que l’autre médecin de l’hôpital avait donné son congé à Dillon Séquoia une heure plus tôt. Terra avait commencé à tempêter au lever du soleil, insistant pour qu’on le libère. Comme il avait l’air parfaitement remis et qu’il occupait inutilement un lit, le médecin l’avait donc laissé partir. Craignant une rechute, Hélène se mit à la recherche de son patient.

En sortant du dispensaire, Terra avait emprunté une route au hasard, espérant retrouver de lui-même la maison de Max, mais il déboucha au milieu de la forêt, sur un chemin de terre qui ne semblait mener nulle part. Les arbres se comportaient de façon étrange et commençaient même à l’effrayer. Il fut soulagé d’entendre un moteur derrière lui, mais lorsqu’il constata qu’Hélène était au volant, il accéléra le pas en sens inverse.

— Vous n’êtes pas assez fort pour marcher au milieu des bois ! lui reprocha Hélène en descendant du camion.

— Qu’est-ce que ça peut bien vous faire ? maugréa Terra.

En prononçant ses mots, le Hollandais perdit pied, culbuta et roula jusqu’au pied d’un talus. Les branches de l’arbre sur lequel il avait buté se saisirent alors de lui et le soulevèrent de terre.

— Hélène ! hurla-t-il, effrayé.

La pauvre femme était en état de choc. Jamais elle n’avait vu un tel spectacle. Avant qu’elle puisse appeler à l’aide par la radio, une intense lumière blanche s’échappa de l’arbre et enveloppa son patient. Puis, les branches le déposèrent sur le sol avec précaution. Terra tomba sur ses genoux. Hélène dévala la pente et le serra contre elle : il tremblait comme une feuille.

— Est-ce que ça va ?

— Non ! cria Terra. Je ne sais pas qui je suis ! Je ne sais pas où aller ! L’armée me cherche ! Et les arbres m’attaquent !

Elle le berça doucement pour le calmer et ne put s’empêcher de penser à son époux qui avait perdu la vie dans cette même forêt. Il y avait si longtemps qu’elle n’avait pas tenu un homme dans ses bras…

— Je n’ai pas été honnête envers vous, avoua-t-elle. Quand mon mari est mort, je me suis jurée de ne plus jamais m’attacher à personne, parce que ça fait trop mal de voir partir ceux qu’on aime. Mais quand je vous ai vu pour la première fois, chez Max…

Sans attendre la suite, Terra l’embrassa. Elle accepta cette marque d’amour avec un soulagement qui la fit rougir de honte. Leur second baiser s’éternisa. « Comment est-il possible qu’un étranger m’apporte autant de réconfort ? » s’étonna-t-elle. Elle caressa le dos de Terra en souhaitant qu’il ne recouvre jamais la mémoire. Bientôt, d’un commun accord, ils décidèrent de trouver un endroit plus confortable pour poursuivre leurs ébats. Hélène le ramena donc chez elle. Terra s’arrêta net au milieu du salon très moderne.

— Pourquoi les arbres cherchent-ils à s’emparer de moi ? demanda-t-il en voyant un arbuste en pot de l’entrée étirer ses branches pour le toucher.

— Certaines légendes de mon peuple prétendent qu’ils sont habités par des esprits qui aiment les humains. Peut-être que les Anciens savaient de quoi ils parlaient, en fin de compte.

Elle le fit asseoir sur un tabouret et lui enleva son manteau et sa chemise pour écouter son cœur. Il la laissa faire son travail de médecin pendant quelques minutes, puis l’attira à lui. Après un long baiser amoureux, Hélène l’emmena dans la chambre à coucher pour lui enlever le reste de ses vêtements. Ils firent l’amour sans crainte ni réticence, comme s’ils étaient amants depuis toujours. Puis, épuisée et soulagée, elle se blottit dans ses bras, où elle se sentait en sécurité.

— Hélène, est-ce que tu crois qu’un homme puisse avoir des visions ?

— Mon peuple le croit, mais moi, j’ai du mal à accepter ce que je ne peux pas vérifier. Est-ce que tu en as eues ?

— Oui et certaines sont terrifiantes.

— Est-ce que tu veux m’en parler ?

— Quand le chaman m’a touché, je me suis vu mourir aux mains d’un barbare vêtu de peaux.

— Un quoi ?

— Un homme sauvage qui tenait une espèce de gros couteau. Il était tellement sale que je ne peux pas te dire la couleur de sa peau. Et il m’a planté la lame dans le ventre. J’ai eu tellement mal que je suis tombé sur le dos.

— Est-ce que tu as souvent de telles visions ?

— Les autres ne sont pas aussi violentes, mais elles m’effraient tout autant. Par exemple, chaque fois que tu me touches, je te vois portant une longue robe blanche et de nombreux bijoux, même dans tes cheveux.

— Ce sont sûrement des séquelles du violent coup que tu as reçu à la tête, mon pauvre ami, parce que je déteste les bijoux.

Elle lui fit promettre de l’accompagner au dispensaire le lendemain et de se soumettre à des tests pour vérifier l’état de son cœur. Il lui promit tout ce qu’elle voulait.

Qui est Terra Wilder ?
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